Demandes d’admission en pandémie

Avec les dégâts de la pandémie et les conséquences de l’enseignement à distance, il est légitime de se demander si le Cégep du Vieux Montréal accueillera moins d’étudiant.e.s la prochaine session. Caroline Ngo, conseillère en information scolaire et professionnelle au Vieux, affirme que le premier tour d’admission fut l’hôte d’une baisse de l’intérêt des finissants du secondaire envers le cégep.

« Cette année, on voit une légère baisse de demandes d’admission. […] Au niveau de l’orientation, le domaine le plus populaire est celui de la santé. Ça peut s’expliquer par les besoins criants dans ce domaine qu’on voit dans les médias. »

Caroline Ngo

Sans pouvoir nous fournir de chiffres exacts, Ngo interprète cette chute de demandes d’admission comme étant une conséquence de la pandémie, conséquence à laquelle nous n’avions peut-être pas pensé. Le choix de programme collégial de plusieurs jeunes a été influencé par la haute demande de travailleurs en santé, transparente comme jamais auparavant lors de cette crise sanitaire. Toutefois, Ngo nous rappelle que le Vieux n’est pas dominant dans la formation en santé, menant à la priorisation d’autres cégeps. Le virage informatique aurait aussi joué dans la décision des futurs cégepien.ne.s, tout comme, paraît-il, le fait d’être enfermé à la maison. Selon la conseillère, les programmes les plus populaires cette année sont Soins infirmiers, Techniques de l’informatique et Design d’intérieur.

Les enseignant(e)s en grève du 11 au 13 mai

Dans un communiqué envoyé jeudi en début d’après-midi, la Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ), affiliée à la CSN, a annoncé que les enseignant(e)s des cégeps qu’elle représente seront en grève du 11 au 13 mai.

Le syndicat des professeures et professeurs du Cégep du Vieux Montréal est membre de la FNEEQ. Rappelons que les membres du syndicat qui représente le corps professoral du cégep ont voté à 86,06 % pour un mandat de grève de cinq jours, à déployer au moment opportun dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue le 21 avril dernier. 45 cégeps seront touchés par cette grève qui se déroulera à partir du mardi 11 mai, 12 h au jeudi 13 mai à la même heure. Le communiqué précise que la grève se déroulera si « la partie patronale persiste à rendre les pourparlers inopérants ». 

Plus de détails à venir.

Exposition virtuelle des finissantes en Design et présentation

Du 5 au 8 mai au Cégep du Vieux Montréal, les finissantes du programme Design et présentation vous invitent à leur exposition qui marquera la fin de leurs études collégiales.

L’événement devait être accessible au public qui aurait pu aller voir le résultat directement au cégep, mais il sera seulement ouvert aux personnes invitées par les étudiantes. Comme plusieurs expositions présentées dans diverses institutions culturelles, l’événement sera toutefois accessible virtuellement grâce à Matterport, une entreprise permettant de voir une exposition en 3D comme si on y était. L’équipe présente l’événement comme une exposition « immersive et apte à faire plonger les gens dans un univers aussi mémorable qu’étonnant ». Vous trouverez davantage de détails sur le compte Instagram de l’événement.

La souffrance des restaurants et des cafés préférés des étudiants du Vieux

Le retour en présentiel des cégépiens n’est pas seulement attendu de ces derniers, il l’est aussi des commerces aux alentours du Cégep du Vieux Montréal qui attendent que leur jeune clientèle revienne les sauver d’une potentielle fermeture. Ce temps passé en distanciel représente un an de diminution importante des ventes pour les restaurants et les cafés entourant le Cégep.

« On fait à peine 12% des ventes. »

Guylaine Duchesne, propriétaire du Végo sur St-Denis

Le Resto Végo, un buffet végétarien offrant des options sans gluten et un rabais pour les étudiants, a vu ses revenus baisser comme jamais auparavant. La propriétaire, Guylaine Duchesne, partage une donnée troublante selon laquelle le restaurant fait à peine 12% des ventes habituelles depuis le début de la crise. Le commerce, dépendant des étudiants du Vieux et de l’UQÀM, a vu une légère augmentation dans les dernières semaines grâce au retour progressif en classe, sans toutefois décerner la médaille d’or à l’optimisme. En effet, sans de potentielles aides gouvernementales, madame Duchesne craint de ne pas pouvoir rembourser ses dettes si la situation persiste encore une année.

C’est avec un soupir de désespoir qu’un employé du Frites Alors! sur St-Denis nous affirme que la baisse des ventes depuis mars 2020 est considérable et maintenue. Les fameuses frites belges refroidissent dû à l’absence des étudiants qui trouvent habituellement un bon repas abordable dans cette friterie de renommée. Pas très loin de celle-ci, le Copper Branch souffre aussi de la pandémie. Ce n’est pas par hasard que les étudiants du Vieux sont réputés pour leur véganisme! Le restaurant végan attire donc ces jeunes souciés par les problématiques éthiques et environnementales : le propriétaire nous partage que les étudiants du Vieux constituent environ 75% de sa clientèle et que ce n’est que depuis la réouverture progressive des salles de classe, permise par le gouvernement québécois, qu’une augmentation de 5 à 10% de clients a été observée pour la première fois depuis des mois.

Toujours sur St-Denis, la Panthère Verte, une autre option végane attrayante aux étudiants, est temporairement fermée à cause de la perte de dynamisme du Quartier des Spectacles qui, évidemment, n’offre plus de spectacles. Un manque de personnel et la disparition des étudiants n’aident certainement pas et le propriétaire planifie attendre jusqu’à la mi-mai pour rouvrir.

«  n ne fait pas le tiers de ce qu’on faisait en 2019. »

gérante du Café Saint-Henri

Les cafés souffrent tout autant que les restaurants de l’éloignement forcé des étudiants. Les jeunes du Cégep, de l’UQÀM ainsi que les employés de la BAnQ constituent la clientèle du café Saint-Henri, situé à proximité de ces lieux. Il va sans dire qu’en plus de l’emplacement peu idéal du commerce, sans lumière entrante et caché dans la petite rue Émery, les affaires ne rayonnent pas plus depuis l’année dernière. Toutefois, la gérante est optimiste face à l’avenir et assure que les plans du nouveau propriétaire ne suggèrent pas l’abandon de cette filiale.

Le gérant du Second Cup se trouvant à la sortie du métro Berri-UQÀM indique que 80% de la clientèle pré-COVID est composé d’étudiants, mais que même avec la baisse significative des ventes, il ne s’inquiète pas pour l’avenir de la succursale, comme quoi les chaînes ont de bien meilleures chances de survie que leurs voisins indépenants.

Comment ça se passe au Vieux?

Depuis le mois de février, le ministère de l’Enseignement Supérieur a permis le retour en classe d’un plus grand nombre de collégiens. Voici des courts témoignages d’étudiant.es du Vieux sur leur retour en présentiel.

 Hubert Boudreau-Pineault, technique en audiovisuel

« Je suis content d’être de retour en présentiel, sinon je pense que j’aurais pris une petite pause. […] Je trouve la charge de travail plus intense qu’avant la pandémie, c’est plus compliqué à la maison. […] Je pense qu’on ne va pas tous apprendre ce que nous sommes censés apprendre. »

Justine Laprise : technique de design de présentation

« D’être complètement en présence, c’est quand même difficile, en plus je travaille la fin de semaine, alors le port du masque est 7 jours sur 7. […] La fatigue émotionnelle est plus rapidement là. »

Mireille Robinel, technique de design de présentation

« Ils [les professeurs] agissent comme si nous ne sommes plus en période de Covid. […] On nous en demande beaucoup. Je n’ai plus de temps pour moi, je rentre du cégep, je vais au travail. […] Les profs ont tendance à oublier qu’il y a une situation économique qui vient avec le Covid […] La session passée c’était magique, j’étais plus concentrée, j’avais plus de temps pour travailler, j’étais chez moi. »

Thomas Bergeron, technique en audiovisuel

« C’est beaucoup plus grand [la charge de travail], pas les cours de technique nécessairement, mais les cours de base ont un gros impact. »  

« Tout le monde s’ennuie de l’atmosphère du Vieux. L’hiver c’est plus tough, tu ne peux pas sortir dehors, en première année et deuxième année, tu t’en vas sur la butte derrière le cégep et c’est le fun, c’est sûr que tout le monde s’ennuie de ça. »

Catherine Rochon, technique de design de présentation

« Honnêtement, je trouve ça pas si pire, je m’attendais à pire, je pensais que l’on serait plus restreint. Les profs rendent ça assez facile, la manière dont c’est organisé est assez facile, mais j’aimerais qu’il y ait plus de cours à l’école. »

Budget 2021-2022 : Augmentation de 8,2 % des dépenses en enseignement supérieur

Suite au dévoilement du budget provincial 2021-2022 par le ministre des finances Éric Girard, voici les principales mesures annoncées pour l’Enseignement supérieur, soit les cégeps et les universités :

– Un montant forfaitaire de 100 $ sera offert aux personnes étudiant à temps plein durant les sessions Automne 2020 et Hiver 2021. Ce sont donc 200 $ qui seront donnés à 408 000 étudiants. Cette mesure représente, dans le budget, 82,6 millions de dollars. Le ministère de l’Enseignement supérieur annoncera prochainement les modalités pour avoir accès à ce montant visant à alléger les impacts financiers vécus par la communauté étudiante.  

– Pour la période du 1er avril prochain au 31 mars 2022, les intérêts seront éliminés du côté des prêts étudiants. 

– 85 millions de dollars sont également consacrés à « mettre à la disposition des étudiants un enseignement à distance de qualité en déployant plus de solutions numériques ». Cette somme sera déployée sur cinq ans.  On peut en déduire que le gouvernement prévoit que l’enseignement virtuel restera après la pandémie.  

– Finalement, 669 millions de dollars ont été annoncés pour « pour appuyer la persévérance et la diplomation en enseignement supérieur » si l’on se fie au document de 508 pages au total.

Les dépenses associées au réseau de l’enseignement supérieur ont augmenté de 8,2% pour la période 2021-2022.

Un retour apprécié, mais précoce au Cégep?

Le 22  janvier 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann a indiqué le retour graduel d’activités d’enseignement ou d’activités de groupe à caractère pédagogique dans les établissements d’études supérieures à compter du 8 février au rythme idéal d’une fois par semaine.

Alors que les Cégeps et les universités préparent le retour des élèves en temps de pandémie, comment, à leur tour, les élèves réagissent-ils à la suite de l’annonce ? Quelques étudiantes de divers programmes du Cégep du Vieux Montréal m’ont exprimé leur point de vue.

Sportive, mais confinée

Èvemarie B-Lévesque, 19 ans, est une étudiante en sport-études préprofessionnels et en Arts, lettres et communication — Option Médias (Communication et médias). Elle souligne qu’elle était heureuse d’apprendre la réouverture du Cégep. Pour elle, l’école à la maison était difficile en raison de son environnement d’étude et de l’éloignement avec ses amis.

Malgré qu’elle craigne une hausse des cas de COVID-19, elle croit que les mesures sanitaires entreprises par le Cégep seront suffisantes pour assurer le retour des étudiants.es. Lors de ses entraînements en présentiel, elle m’indiquait que tous respectent les consignes de sécurités, faisant en sorte qu’il n’y a aucun cas dans son groupe.  

Èvemarie croit que la vie étudiante reprendra son cours normal au Cégep, malgré la forte présence de consignes sanitaires. 

Elle indique également qu’il serait préférable de permettre le présentiel aux cours ayant souffert le plus en raison de la pandémie, notamment les cours ayant besoin d’équipement spécifique. Elle affirme que nous n’avons pas nécessairement besoin de faire nos cours de littérature ou de philosophie en classe.

Un Cégep froid

Romane Latreille, 19 ans, est une étudiante en double DEC en Histoire et civilisation et en Arts, lettres et communication — Option Langues. L’étudiante affirme qu’elle était surprise par la réouverture en raison du nombre encore élevé de cas. Elle témoigne qu’elle est néanmoins heureuse de pouvoir reprendre certains de ses cours en classe, bien que les études en ligne comportent certains avantages, notamment l’évitement des déplacements. 

Romane croit à son tour que les mesures sanitaires seront suffisantes pour s’assurer que le retour des étudiants.es soit sécuritaire. Elle indique qu’il serait même préférable que le Cégep n’accueille qu’un certain nombre d’élèves à la fois. 

Contrairement à Èvemarie, Romane croit que la vie étudiante sera différente. Elle indique qu’en raison du protocole strict, un environnement autrefois si stimulant et dynamique deviendra malheureusement froid.

Bref, ces deux étudiantes témoignent de leur joie face au retour du présentiel, mais elles affirment également que nous devons persévérer dans notre combat contre la COVID-19 afin que nous puissions apprécier à nouveau l’atmosphère de nos établissements scolaires.

Lumière sur les étudiants en danse contemporaine

Au Cégep du Vieux Montréal (CVM), on retrouve deux techniques formant les danseurs de demain : Danse – interprétation contemporaine, affiliée avec l’École de danse contemporaine de Montréal (EDCM), et Danse – interprétation classique en partenariat avec l’École Supérieure de Ballet du Québec. Étudiante dans le programme en contemporain, je voulais mettre la lumière sur le quotidien que vivent mes camarades de première année, ainsi que sur la formation en général.

Fondée en 1981 par Linda Rabin et Candace Loubert, l’École de danse contemporaine de Montréal a pour objectif de former des interprètes en danse contemporaine. Située depuis 2017 dans l’édifice Wilder à côté de la Place des Arts, elle est associée avec le CVM afin de premettre aux étudiants d’avoir une formation collégiale complète sous forme de technique en trois ans. Les cours du tronc commun (philosophie, français et anglais) viennent s’ajouter aux cours spécifiques du programme en danse pour ceux qui prennent le cursus avec le cégep. En effet, certains danseurs ayant, par exemple, déjà complété un DEC ou d’autres études auparavant recevront leurs crédits pour les cours. Ce ne sont donc pas tous les étudiants de l’École de danse contemporaine qui sont inscrits au CVM.

Dans la peau d’un danseur de première année… en pandémie

Après un processus comportant deux auditions, la cohorte de première année se constitue normalement d’environ 25 étudiants du Québec, d’autres provinces du Canada, mais aussi de l’international. Cependant, par les temps qui courent, les danseurs provenant de l’extérieur du pays n’ont pas pu se joindre et d’autres étant entrés en septembre ont préféré quitter le programme à cause du climat pandémique. La cuvée 2020-2023 est donc maintenant constituée de 11 personnes.

Au programme, du lundi au vendredi, trois cours d’une heure trente minutes ayant une pause d’une demi-heure entre chaque classe, le matin, en présentiel à l’EDCM. Ils commencent à 8h et finissent à 13h30. On débute en barre pour danseurs contemporains ou en entraînement connexe, suivi d’une classe de technique contemporaine et d’un cours de recherche créative, de composition chorégraphique ou d’interprétation. L’après-midi, vers 15h, les cours principalement théoriques sont donnés en virtuel, soit les classes spécifiques au programme (danse et société, anatomie pour la danse, éléments de composition, etc.), soit les cours du tronc commun ou bien des cours universitaires pour ceux quicontinuenet d’autres études en même temps. C’est un énorme changement à l’horaire habituel sans COVID-19 qui permet de plus longs cours, et ce, toujours en présentiel…

En raison de la pandémie, les studios ont été aménagés pour permettre la distanciation physique : des carrés au sol délimitent un espace individuel pour danser et les masques sont obligatoires depuis la rentrée et sont fournis par l’école. C’est également une contrainte pour les chorégraphies faites notamment dans le cours d’interprétation, car les déplacements entre les carrés peuvent uniquement se faire sans mettre les mains au sol.

Capacités physiques et mentales

Albert Einstein disait : « Les danseurs sont les athlètes de Dieu. » En effet, la danse est bien un sport, même si quelques-uns n’en sont pas convaincus. La danse contemporaine, comme plusieurs autres styles, demande d’importants efforts physiques. Un mélange de force musculaire et de mobilité doit être bien maîtrisé. C’est un long processus qui doit se faire notamment avec des exercices de renforcement individuel à l’intérieur ou à l’extérieur des cours. Un réchauffement avant le premier cours est notamment primordial afin de préparer le corps. Une salle d’entraînement et un physiothérapeute ou un ostéopathe sont disponibles une journée durant la semaine. Un travailleur social est également à la disposition des élèves. À l’EDCM, on apprend aux danseurs à devenir autonomes sur ces aspects importants. Les élèves étudient notamment plusieurs techniques de préparation du corps comme la technique Pilates ou le Feldenkrais et sont initiés aux différentes techniques de danse contemporaine dont les professeurs s’inspirent pour monter leurs cours.

Aussi, l’École de danse contemporaine de Montréal permet de développer un sens artistique aux danseurs en devenir. Durant les trois années de formation, sans oublier le camp d’été de trois semaines au mois d’août, le danseur cherche à se connaître davantage en tant qu’artiste, mais aussi en tant que personne. Écoute attentive du corps, improvisation et création sont au programme. On retrouve aussi une médiathèque qui regroupe un grand répertoire de vidéos de danse qui sont disponibles pour les étudiants.

Performance

L’EDCM permet aux étudiants de collaborer avec des chorégraphes reconnus de la scène québécoise et internationale, notamment Marie Chouinard, Virginie Brunelle, Frédéric Gravel, Hélène Blackburn, etc. D’autant plus que certains d’entre eux sont diplômés de l’école. Avec un total de cinq grands spectacles, soit un en première année et deux en deuxième et troisième année, les étudiants sont initiés aux processus de création, et ce jusqu’à la production finale, même en ces temps difficiles, car les représentations sont maintenant virtuelles. D’ailleurs tous les étudiants se préparent pour le spectacle de fin de session, soit du 19 au 22 mai pour les danseurs de première et de deuxième année. Quant aux élèves de troisième année, leur spectacle aura lieu du 26 au 29 mai.

L’école donne également la chance à ses élèves de créer des pièces avec le projet Incubateuroù, à chaque session, l’étudiant peut monter un solo sur lui-même ou une chorégraphie sur ses camarades qui sera présenté à un public. Cette année, en raison de la pandémie, ces projets ont été réalisés en vidéo et ont été publiés sur YouTube.

Tous ont vraiment hâte de retrouver les salles de spectacles afin de redécouvrir un public en chair et en os. Bien que les présentations virtuelles leur permettent de présenter leur travail, on ressent le manque de chaleur humaine. Après la réouverture des cinémas en zone rouge, on attend impatient celle des salles et des théâtres.

Mamans étudiantes

Au Cégep du Vieux Montréal on retrouve, à ce jour, quelques centaines d’étudiant(e)s qui sont également des parents. Ils doivent gérer leurs études tout en s’occupant de leurs enfants. Chapeauter ces deux rôles est un travail à temps plein qui demande du courage et de la détermination. Deux étudiantes en Technique d’éducation spécialisée du Vieux se sont confiées sur leur réalité d’être mamans aux études.

Retrouver les bancs d’école

Audrey Lancourt-Lessard, 35 ans, en est à sa quatrième session en éducation spécialisée. Elle a fait un retour aux études après une dizaine d’années sur les plateaux de tournage, notamment sur celui de Toc Toc Toc où elle a interprété le rôle de Zalaé pendant huit ans (les vrais fans la reconnaîtront). Maman d’une petite fille de trois ans et demi, elle mentionne que la naissance de celle-ci l’a poussée à retrouver les bancs d’école. Avec son travail de comédienne qui était à temps partiel, Audrey souhaitait trouver un emploi stable avec lequel elle pourrait se servir de l’art et du théâtre afin d’aider les personnes en difficulté.

« C’était une adaptation sur plein de niveaux […] autant pour concilier famille, études, travail, mais aussi de se replonger dans les livres et le traitement de texte. »

Audrey Lancourt-Lessard

De son côté, Mélanie Turp, 41 ans, fait également un retour aux études dans le même programme qu’Audrey. Mère de trois enfants, l’un au cégep, l’autre au secondaire et la dernière au primaire, Mélanie a décidé d’enrichir son parcours professionnel. Ayant eu son premier enfant assez jeune, elle a complété un DEC en éducation à la petite enfance en 2013. Ce fut son premier retour aux études. Depuis l’automne 2019, elle ajoute à son baggage l’éducation spécialisée, son deuxième retour aux études. Mélanie mentionne qu’elle aime apprendre et que si elle en avait les moyens et le temps, elle approfondirait ses connaissances dans d’autres domaines.

La vie d’un parent au cégep

Le quotidien d’un parent aux études n’est pas de tout repos. Mélanie Turp continue de travailler à temps partiel dans une école primaire, alors qu’elle étudie à temps plein. De plus, cette session, elle doit compléter un stage non-rémunéré de trois jours chaque semaine. Avec la famille en plus, c’est beaucoup d’organisation. Elle suit ses cours le matin et elle travaille le midi et le soir. Elle mentionne aussi qu’ils sont quelques-uns dans son programme à vivre la même situation qu’elle. Audrey Lancourt-Lessard a opté pour un programme allégé cette session. Elle suivra trois cours au lieu de cinq et elle a reporté son stage en grande partie à cause de la pandémie et parce qu’elle veut profiter de sa famille. À vrai dire, Audrey mentionne qu’elle met énormément de temps dans ses études, car elle veut exceller dans ce qu’elle fait. Lors des dernières sessions, cela pouvait créer quelques tensions dans son climat familial. De 20h, après avoir bordé sa fille, jusqu’à 23h, elle replongeait dans ses études.

« Des fois, je suis plus vieille que le prof! Ça c’est gênant! »

Mélanie Turp

Les bénéfices de la pandémie

Plus souvent qu’autrement, les cours à distance en raison de la pandémie frappent fort et démoralisent les collégiens. Cependant, pour des parents aux études comme Audrey et Mélanie, cette situation facilite bien des aspects de leurs quotidiens. Elles soutiennent toutes les deux que les déplacements au cégep prenaient de leur temps qu’elles peuvent maintenant investir ailleurs. « Avant mon cours [à distance], je peux préparer mon souper, c’est moins stressant quand ma fille revient », souligne Audrey. Par contre, elle s’ennuie des rencontres avec ses collègues et ses professeurs et elle a hâte de pouvoir y retourner. Mélanie aime aussi le rythme de vie différent qu’apporte la pandémie. Moins d’argent et d’énergie dépensés pour se rendre au Vieux Montréal, pour elle qui habite en banlieue de la métropole. Son fils aîné étant au cégep (mais dans un cégep différent), ils suivent leurs cours Zoom en même temps. Elle peut également l’aider dans certains de ses travaux ; ils peuvent se soutenir mutuellement.

Soutien et ressources

Mélanie et Audrey mentionnent toutes les deux le fait que leurs conjoints les aident beaucoup et qu’elles auraient beaucoup de difficultés s’ils n’étaient pas présents. Aussi, Audrey dit que ses professeurs sont très compréhensifs face à sa situation parentale. Mélanie souligne également que des bourses sont à la disposition des parents étudiants et que le nombre d’enfants augmente les montants donnés. Seulement le salaire du parent aux études sera pris en considération, et ce, même si le foyer familial regroupe deux salaires. On retrouve également les services de RADAR (Ressources, Aide, Dépannage, Accompagnement et Références) qui crée notamment des groupes d’aide pour les parents étudiants pour les aider avec la conciliation famille-études. La garderie du cégep, La Gribouille, est aussi un lieu où les étudiants comme les professeurs peuvent faire garder leurs enfants. Audrey Rancourt-Lessard mentionne qu’ils ont une belle approche envers ces derniers.

Les réalités d’Audrey et Mélanie doivent ressembler à ceux des autres mères et pères étudiant au cégep. Cependant, il ne faut pas oublier celles des parents monoparentaux qui font face à d’autres défis.

Cégeps : Une autre session majoritairement virtuelle

Encore une fois cette session-ci, les cours se tiendront virtuellement dans la majorité des cas. Le ministère a annoncé le 8 janvier dernier le maintien des mesures présentement en place.

Les directives du ministère demeurent donc inchangées par rapport à la session dernière. Il est demandé aux établissements de limiter au strict minimum la présence sur place d’étudiants, « d’offrir un maximum d’activités d’enseignement à distance à leur communauté étudiante respective ». Les exceptions sont les cours qui ne peuvent se tenir à distance notamment. Des cours plus techniques et donc, qui ne peuvent se réaliser de manière virtuelle.

Toutefois, le Premier ministre du Québec François Legault a affirmé lors d’une conférence de presse ainsi que dans une publication Facebook dans laquelle il encourage la communauté étudiante, qu’il était en discussion avec le ministère de l’Enseignement supérieur afin qu’il y ait plus d’enseignement en présentiel.

Bilan de la session d’automne

« Dans l’ensemble, je crois que cela s’est bien passé ! » C’est la description de la session d’automne par Caroline Roy, directrice des services aux étudiants du Cégep du Vieux Montréal. Selon elle, les étudiants ont su s’adapter à l’enseignement virtuel et sont bien formés pour le poursuivre.

Pour la session d’hiver, l’AGÉCVM (l’association étudiante du cégep) aura plusieurs demandes qui concerneront notamment le soutien psychologique ainsi que les services d’assistance aux étudiants selon son responsable général Taha Boussaa. Une campagne pour briser l’isolement des étudiants sera également lancée par le Cégep. 

Mise à jour: Le Premier ministre du Québec François Legault a annoncé le retour graduel de la communauté étudiante dans les campus. La ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann a donné une conférence de presse, jeudi le 4 février 2021 afin de donner des précisions sur cette annonce faite initialement mardi.

Plus de détails à venir…

Conférence de presse de la ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann, 4 février 2021
Vidéo : François Legault / Courtoisie – Facebook
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