À qui la rue?

Par Édouard Bernier-Thibault

Portrait de la mobilisation et des évènements de la semaine de grève du 22 au 25 mars.

Que reste-t-il de la mobilisation et de l’esprit de 2012 dans le monde étudiant du Québec?

Aujourd’hui, certaines personnes jugent que l’implication politique n’est plus ce qu’elle était. Elles considèrent la communauté étudiante plutôt désordonnée et démobilisée dans son état présent.

Toutefois, des enjeux pressants comme la justice climatique pousse plusieurs personnes aux études à s’engager, comme le montre les nombres impressionnants de jeunes qui vont manifester à ce sujet.

Dix ans après 2012, la collectivité étudiante est-elle capable de retisser et de renforcer ses liens de solidarité pour demander une éducation accessible, libre et émancipatrice? La gratuité scolaire est-elle encore un projet pour lequel elle est prête à se battre? La communauté étudiante peut-elle être, encore une fois, un agent de changement dans la société?

C’est pour répondre à ces questions que j’ai documenté mon expérience et celle de mes camarades de l’AGECVM pendant les journées de grève du 22 au 25 mars. En essayant de m’impliquer comme je le pouvais, j’ai observé certains phénomènes, j’ai échangé avec plusieurs personnes, j’ai eu certaines réflexions et j’ai cru apercevoir certains enjeux. Le présent article a pour but de contribuer autant que possible à la construction (ou reconstruction) d’une communauté étudiante plus informée et plus solidaire.

Mise en contexte

Après un long et ardu processus d’adoption des mandats de grève pour le 22 au 25 mars, je me demande à quel point la préoccupation des étudiant-e-s pour des enjeux sociaux est importante. Est-ce que les étudiant-e-s sont prêt-e-s à faire des sacrifices pour améliorer leurs conditions de vie, pour changer la société? Je suis sorti de l’Assemblée générale du 11 mars avec une grande motivation pour les évènements à venir, mais une certaine préoccupation par rapport au réel désir d’engagement de la communauté étudiante…

Durant la semaine de relâche, j’ai essayé de m’impliquer comme je le pouvais dans le comité de mobilisation, qui a comme mandat principal de sensibiliser, mobiliser et coordonner les collégien-ne-s à propos de leurs intérêts et droits. J’y ai rencontré des personnes exceptionnelles qui se dédient et s’épuisent à essayer de faire bouger notre grande collectivité étudiante. Tout ce qui s’est déroulé durant la semaine de grève est en grande partie le fruit de leur travail.

Lundi 21 mars

Le lundi n’est pas une journée de grève, mais la mobilisation est déjà en marche. Après avoir terminé la bannière pour la grève le dimanche soir, le comité de mobilisation travaillent toute la journée pour informer les étudiant-e-s de ce qu’il allait se passer cette semaine.

Un membre du comité Envieuxronnement et moi-même sommes aller visiter les associations étudiantes de l’Université de Montréal pour coordonner des actions communes. À notre déception, plusieurs ne sont pas en mesure de nous suivre cette semaine. Celles qui ont voté des grèves ont déjà planifiés des évènements au même moment que les nôtres. Je ne peux m’empêcher d’être légèrement frustré par cette situation. Nous sommes toutes des personnes en grève, qui sont mobilisées et à peu près en accord sur les mêmes idées, mais nous n’arrivons pas à nous coordonner pour agir ensemble.

Peu importe, la mobilisation au CVM s’est bien déroulée. Tout le monde se prépare pour les quatre jours de piquetage qui vont suivre.

Mardi 22 mars

5h du matin, réveil difficile. Je me dirige péniblement vers le Cégep. Plusieurs personnes sont déjà présentes à mon arrivée. Le contact avec les autres collégien-ne-s et l’ambiance du piquetage me remontent tout de suite le moral. Je me rends compte rapidement que je l’ai bien facile avec mon réveil à 5h. D’autres ont dû se lever beaucoup plus tôt pour être au piquetage. « Après la défaite de l’AG du 10 mars, c’est beau de voir que plusieurs personnes sont présentes ici ce matin pour soutenir la grève », dit une amie et étudiante en Sciences humaines. Effectivement, je me suis dit que le nombre impressionnant de personnes au piquetage remettait peut-être en question au moins en partie le discours de certains sur la dépolitisation des jeunes.

Après la déclaration officielle de grève, plusieurs personnes sont venues en aide aux associations de l’UQAM, afin de les assister pour leur piquetage. L’expérience est intéressante, mais tumultueuse : nous faisons face à deux personnes violentes qui tentent de briser notre piquetage de force. Une d’elles frappe un étudiant du CVM. Malgré cela, le piquetage tient bon et ces évènements nous ont remplis d’énergie pour la suite.

L’évènement principal de la journée est la manifestation pour la gratuité scolaire, qui commence à 13h à la Place du Canada et termine au parc Émilie-Gamelin. Avant la manifestation, plusieurs organisations militantes sont présentes pour distribuer leurs pamphlets, vendre leurs livres et revues ou même pour recruter de nouveaux membres. À un moment, je me suis dit qu’il est un peu absurde d’avoir toutes ces organisations progressistes et anticapitalistes, mais divisées et même parfois presque hostiles les unes aux autres pour ce qui apparaît à mes yeux comme des détails. Est-ce vraiment pertinent de se morceler autant quand il faut mener des combats ensemble pour avoir une chance de gagner nos luttes?

La manifestation est superbe. Même si le nombre de personnes n’est pas aussi élevé qu’à celle d’il y a dix ans, le niveau d’énergie est fort. On donne tout pour crier les phrases et les chants qui nous tiennent à cœur. Nous avons scandé ceux-ci toute la semaine. Même si on est fatigués, on sent le début de quelque chose de beau et on est prêt pour la suite.

Mercredi 23 mars

Le mercredi est moins chargé en événements. Après un piquetage moins populaire au Cégep et moins agité à l’UQAM, plusieurs d’entre nous se dirigent à un rassemblement pour la rémunération des stages devant le Consulat général d’Italie. L’évènement a lieu à cet endroit pour protester contre la condition particulièrement précaire des stagiaires dans ce pays, où deux d’entre eux sont morts récemment. Le collectif Un Salaire pour toustes les stagiaires milite actuellement partout au Québec, principalement pour la rémunération de tous les stages.

Jeudi 24 mars

À la suite du piquetage habituel, c’est au Cégep de Saint-Laurent (CSL) que plusieurs d’entre nous se dirigent pour les aider avec leur piquetage. Une fois sur place, le piquetage est terminé, mais cela m’a donné l’occasion de poser des questions à des étudiant-e-s du CSL pour voir quel est l’état de la mobilisation chez eux. J’ai eu la chance de discuter avec une étudiante en musique du collège qui m’a parlé des difficultés de l’organisation de toutes les personnes étudiantes. Cela était-il différent en 2012? Qu’est-ce qui a fait que plus de personnes se sont impliquées dans le mouvement étudiant?

À 11h30, un groupe composé majoritairement de cégepien-ne-s s’est réuni devant les bureaux de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) afin de protester contre ses tentatives d’affaiblissement des assurances collectives des associations étudiantes du Québec. L’occupation fut courte en raison de la pluie, et celle-ci s’est déroulé sans conflit avec la police ou la sécurité.

La journée s’est terminée en force, avec une manifestation de soir pour la rémunération des stages et la gratuité scolaire. La colère générale est palpable, les slogans sont plus vifs, mais il y règne quand même une ambiance positive. Ce qui en ressort avant tout est une frustration réelle, mais légitime, ainsi qu’un refus clair d’accepter la précarité étudiante.

Vendredi 25 mars

Cette quatrième et dernière journée de grève est à la fois triste et soulageante. D’un côté, l’élan de contestation que nous avons aidé à bâtir allait inévitablement perdre de la force après la fin de la grève. Cependant, la fatigue de tous est évidente; il est clair que nous avons besoin d’un répit.

Malgré tout, c’est dans une ambiance de fête que commence la manifestation pour la justice climatique, organisé par le comité du CVM Envieuxronnement. Musique, danse et chant sont au rendez-vous en attendant de se mettre en marche vers le monument George-Étienne Cartier, où va se donner un « teach-in » en début d’après-midi pour la solidarité avec les premiers peuples et la justice climatique.

Fin ou début?

Les évènements du 21 au 25 mars sont-ils des phénomènes isolés ou le début d’un mouvement? Difficile à dire pour l’instant, mais je souhaite sincèrement qu’ils soient le début de quelque chose de plus grand. Le monde ne manque pas de problèmes face auxquels il faut s’indigner. Il ne manque que des solutions, ou plutôt des gouvernements qui écoutent et appliquent les bonnes solutions.

Aujourd’hui, particulièrement, il me semble qu’il est plus que légitime de prendre une pause, de se questionner, de se rassembler et de perturber ne serait-ce qu’un peu le cours des choses pour éviter de perdre tout ce qui nous est cher. On dit parfois que si on ne s’occupe pas de la politique, elle s’occupera de nous. Détournons-nous donc un peu de nos devoirs, de nos bureaux, de nos maisons et de nos bébelles pour nous retrouver ensemble, pour nous rassembler et décider de ce que nous voulons et de ce que nous ne voulons pas!

Assemblée générale mouvementée: doit-on remettre en question le fonctionnement de l’AGECVM?

Quasi-harcèlement, intrusion de la Garda, problème de quorum et conflits englobant le compte Instagram cvm.confessions : l’Association générale étudiante du Cégep du Vieux Montréal (AGECVM) semble avoir perdu les rênes pendant un moment. Certains semblent remettre en question la crédibilité de leurs représentants qui assurent mettre le nécessaire en place.

Une assemblée marquée par la pagaille

Le 10 mars dernier, les étudiants du Cégep du Vieux Montréal devaient se prononcer sur une potentielle grève les 22, 23 et 24 mars. Les mandats : droits étudiants (en lien avec la gratuité scolaire, la rémunération des stages et les assurances collectives) et justice climatique.

Le quorum de 582 était atteint au début de l’Assemblée générale (AG). Au moment de passer aux votes sur la grève, un étudiant a demandé un recomptage des participants révélant qu’il n’en restait qu’environ 412.

Ce chiffre n’a pu être confirmé que près de deux semaines plus tard, quand le brouillon du procès-verbal fut enfin disponible (selon un membre du secrétariat, les procès-verbaux sont habituellement disponibles environ 72 heures après la tenue d’une AG).

Pendant les quelques heures qui ont suivi l’évènement, le compte Instagram cvm.confessions, qui publie des messages anonymes, débordait de plaintes et de quelques messages plutôt haineux envers cet individu.

Félix-Antoine Brault, délégué aux affaires internes du bureau exécutif de l’AGECVM, dit qu’il est facile « de diriger sa colère ou sa frustration sur une personne […] la réalité est que ce gars a raison. Si on n’est pas assez pour justifier la prise de décision, on ne devrait pas la prendre ».

Le responsable général de l’AGECVM, Taha Boussaa, rappelle qu’il y a toujours eu des « passagers clandestins » qui viennent chercher leur billet de présence pour motiver leur absence aux cours, et qui quittent l’AG immédiatement après.

« Il y a eu des campagnes de désinformation sur la démocratie étudiante qui a créé des tensions », raconte-t-il. Celui-ci donne des exemples de commentaires parus sur le compte cvm.confessions dont quelques-uns qui décourageaient les gens d’aller à l’AG. Certains accusaient même l’AGECVM de faire passer le vote qu’elle voulait. « D’autres [nous] accusaient de changer les règles démocratiques au milieu de la nuit », ajoute-t-il.

Dans une réponse écrite, le gestionnaire du compte anonyme assure que « cvm.confessions est une plateforme où les étudiants peuvent partager leurs avis et opinions. Ce n’est pas un média. J’invite tous les étudiants à toujours remettre en doute ce qui est partagé sur les réseaux sociaux ».

Le Groupe de sécurité Garda SENC était également présent jeudi pour faire respecter les mesures sanitaires. Toutefois, Taha Boussaa explique qu’un huis clos a été voté pendant l’AG pour empêcher les gardes de sécurité d’interférer. Félix-Antoine Brault confirme que la sécurité est tenue de respecter le huis clos, mais que selon des témoins sur place, certains auraient quand même tenté de sortir des étudiants. Une enquête est en cours pour démystifier leur présence.

Une mobilisation « trop intense »

Un autre facteur d’absence s’est distingué le 10 mars : certains étudiants se sont sentis presque harcelés à participer à l’AG.

Jérémie Nicaisse, étudiant en sciences humaines – profil Administration, tentait de se rendre à son cours quand des individus (il mentionne avoir reconnu un membre impliqué de l’AGECVM) l’ont intercepté pour l’inciter à se rendre à l’AG. « Je trouvais ça vraiment bizarre la manière dont ça a été demandé […] on prônait la démocratie étudiante, ce qui est super, mais de là à parler avec un ton condescendant à ceux qui refusent de manquer les cours, je trouvais ça un peu douteux », partage-t-il.

L’étudiant a qualifié l’interaction de « lourde » et de « pas agréable » et ajoute qu’elle l’a un peu découragé à participer aux prochaines assemblées.

Taha Boussaa assure qu’en principe, la mobilisation est coordonnée par l’AGECVM : « Il y a des gens qui ne sont pas dans l’association qui sont pris dans l’espèce de syndrome du grand sauveur-leader […] ils arrivent sur le terrain quand ça se fait déjà, s’autoproclament grands militants, sabotent le travail réalisé pendant des semaines et créent une mauvaise image des gens de l’association. »

La démocratie… trop compliquée?

Selon Mollie Drouin, étudiante en sciences humaines – profil Optimonde, les termes et procédures complexes utilisés lors d’AG pourraient en éloigner plusieurs : « Au final, c’est compliqué, c’est long pour rien et ça fait en sorte que les gens ne veulent pas rester. Les gens ne comprennent pas tout à fait ce qui se passe. »

Taha Boussaa invite les étudiants qui ne comprennent pas les enjeux, termes et procédures lors d’AG à demander un point d’information au micro.

Jérémie Nicaisse, quant à lui, trouve que c’est « étrange qu’il y ait des votes à main levée plutôt qu’une autre manière plus anonyme », ce qui éviterait, selon lui, la pression d’un jugement potentiel.

La neutralité de l’AGECVM est remise en question

Mollie Drouin est d’avis que certains membres de l’AGECVM « essaient un peu de manipuler ce qui se passe ». Elle ajoute « qu’il y a des gens vraiment extraordinaires [dans l’AGECVM], mais qu’il y a aussi des gens qui sont tellement à gauche qu’ils font un u-turn vers la droite ». Sur la plateforme cvm.confessions, plusieurs étudiants ont fait part de leurs inquiétudes face à la neutralité de l’AGECVM, comme quoi elle ne respecterait pas toujours les principes démocratiques et qu’elle prioriserait ses propres valeurs au détriment de celles de la majorité des étudiants.

Le responsable général de l’AGECVM dit toujours tenter d’être le plus neutre possible, mais avoue qu’il ne peut pas surveiller tous ses collègues. « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que l’AGECVM a des mandats et des positions qui sont votées démocratiquement par les membres et moi, en tant qu’exécutif, je dois [les refléter] », explique-t-il.

Il énumère que dans la liste, on y trouve des mandats pro-grève, pour la gratuité scolaire et pour les stages payés. Malgré cela, il insiste que les principes démocratiques doivent être respectés ; si c’est non à la grève, alors c’est non à la grève.

Félix-Antoine Brault assure que « c’est un enjeu de mobilisation plus qu’un enjeu d’adhérence », mais relève un certain paradoxe : « C’est plus facile de modifier la charte, nos règlements fondamentaux, que d’avoir une assemblée de grève […] Modifier nos règlements fondamentaux permettrait de diminuer le quorum pour avoir des assemblées de grève plus facilement. Le projet de modification de charte date depuis très longtemps. »

CORRECTIF : Jérémie Nicaisse mentionne avoir reconnu un membre impliqué de l’AGECVM, et non un membre de l’exécutif.

Danser ne suffit-il pas?

Le masculin est utilisé pour alléger le texte

L’étudiant au DEC en danse contemporaine ou en danse classique du Cégep du Vieux Montréal (CVM) doit faire ses trois cours obligatoires d’éducation physique, bien que son entrainement dépasse les 25 heures par semaine. Les étudiants ne comprennent pas pourquoi on leur en demande autant et la complexité du dossier rend le sujet délicat pour les institutions scolaires.

Un refus du ministère

En janvier 2011, le département d’éducation physique du CVM demande au Cégep de créer un comité d’étude pour évaluer l’importance des cours d’éducation physique dans les programmes de danse. Dans le procès-verbal de la réunion du 7 avril 2011 de la Commission des études, qui est l’instance du collège qui donne avis au conseil d’administration concernant les programmes d’études et l’évaluation des apprentissages, on rend le verdict de l’analyse des programmes. Selon le comité de travail déployé à cet effet et le MELS (l’ancien ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport), « l’analyse de contenu des programmes a révélé que les éléments d’activité physique déjà inclus dans les grilles actuelles ne permettent pas d’atteindre les objectifs de la formation générale ».

La direction des études du CVM a donc intégré dans les deux programmes de danse les cours d’éducation physique dès l’automne 2012. Jusqu’à ce jour, les étudiants en danse étaient exemptés de ces trois cours, et ce, depuis le début de l’affiliation avec l’École de danse contemporaine de Montréal (EDCM) et l’École Supérieure de Ballet du Québec (ESBQ) dans les années 1990. La directrice artistique et des études de l’EDCM, Lucie Boissinot, dit que « lorsque le programme a été mis en marche en 1999 avec le Cégep du Vieux Montréal, il avait été convenu qu’étant donné le très grand déploiement d’énergie et l’activité physique inhérente à la pratique de la danse, les étudiants fréquentant l’École de danse contemporaine n’auraient pas besoin de suivre les cours d’éducation physique ».

Un dossier fort complexe

« Le dossier d’éducation physique à l’École de danse contemporaine de Montréal est un dossier fort complexe pour lequel j’ai déployé une énergie considérable », dit Lucie Boissinot. Lors de la commission d’études de 2011, elle a travaillé à démontrer les compétences acquises par les étudiants au sein de son école. Ceux-ci suivent, bien entendu, des cours de technique en danse contemporaine, mais aussi d’entrainement connexe et des cours d’anatomie. Elle a également voulu démontrer que les étudiants s’exercent en plus de leurs 2400 heures de formation.

En effet, quand on regarde les compétences ministérielles du programme de l’EDCM, on distingue des ressemblances avec celles des cours d’éducation physique au niveau collégial. Les critères de l’école de danse parlent de « maintenir une condition physique conforme aux exigences de la profession » et de « maintenir une hygiène de vie adaptée aux exigences de la profession ». L’analyse de la danse, la maîtrise d’exercices, la coopération de groupe et la gestion des blessures sont aussi dans les compétences ministérielles du programme en danse contemporaine. Les critères du ministère de l’Enseignement Supérieur, quant à eux, parlent d’« analyser sa pratique de l’activité physique au regard des habitudes de vie favorisant la santé, d’améliorer son efficacité dans la pratique de l’activité physique et de démontrer sa capacité à se charger de sa pratique de l’activité physique dans une perspective de santé ».

Lucie Boissinot considère que ses étudiants touchent à toutes les compétences des cours d’éducation physique. Elle trouve frustrant que ses élèves doivent ajouter cette charge de travail qu’elle considère déjà couverte par le programme.

Des conflits d’horaire

Pour compléter leur DEC, la plupart des étudiants en danse doivent faire leurs cours obligatoires au CVM. Certains en sont dispensés, car ils les ont déjà faits lorsqu’ils étudiaient dans un autre programme d’étude. Pour ceux qui les complètent, ces cours n’entrent pas toujours à leur horaire. Ils doivent donc être repris avec la formation continue en soirée ou en formule à distance durant l’été. Quatre cours obligatoires n’entrent pas dans la grille de cours, dont les trois d’éducation physique.

Par exemple, à la session d’automne passée, des étudiants de deuxième année en danse contemporaine devaient se déplacer chaque jeudi soir au Cégep pour assister à leur cours de yoga, alors qu’ils venaient de danser un bon nombre d’heures. Alec Charbonneau faisait partie de ce groupe d’étudiants : « On arrive chez nous et il faut directement aller se coucher pour se réveiller le lendemain à six heures pour être à l’école de danse à huit heures ». Il croit que le premier ensemble d’éducation physique, celui dédié au volet plus théorique des saines habitudes de vie, aurait suffi. Il assure que c’est le seul des trois qui l’a aidé à enrichir son programme. Alec pense qu’il faut revérifier les compétences que l’école de danse lui permet d’acquérir.

L’éducation physique est pour tous

Luc Phan, coordonnateur du département d’éducation physique du CVM depuis août dernier, ne connaît pas le cursus des programmes de danse, mais il considère que les cours d’éducation physique peuvent être un atout aux danseurs pour bonifier leurs apprentissages. « Le citoyen moyen, peu importe qu’il soit danseur, qu’il soit athlète professionnel, qu’il soit, je ne sais trop quoi, doit quand même avoir des notions de santé et de prise en charge, puis c’est ça qu’on essaie d’aller allumer ».

En tant que professeur, M. Phan est ouvert à la communication avec les étudiants en danse pour les aider à développer d’autres habiletés. Il ajoute que ceux-ci sont souvent appréciés par les professeurs d’éducation physique, parce qu’ils ont en commun un intérêt pour l’activité physique.

Solutions

Chantale Fortin, directrice adjointe aux études au CVM, était déjà à son poste lors de la gestion du dossier en 2011. Elle mentionne qu’en introduisant les cours d’éducation physique dans les programmes de danse, le cégep a essayé de trouver des pistes de solutions. Cependant, il a été difficile de trouver des accommodements entre les écoles de danse et le cégep. L’horaire des danseurs contemporains et danseurs classiques est souvent différent et le nombre d’étudiants dans ces programmes varie d’année en année. Il est donc plus ardu pour le cégep d’offrir des cours qui seraient dédiés aux étudiants en danse.

Un cours intensif d’éducation physique avait toutefois été mis en place par le CVM à la demande des programmes de danse. Les classes se penchaient sur l’entretien physique, l’activité aquatique et la gestion du stress, des sujets pertinents pour les danseurs. Les étudiants pouvaient donc compléter l’un des trois cours pendant trois semaines avant le retour de la session d’hiver. La priorité des inscriptions était donnée aux danseurs, puis aux autres élèves si le cours ne comptait pas assez d’étudiants. Cette formation intensive a toutefois été mise en arrêt en raison de l’absence de candidatures de professeurs pour donner le cours ainsi que la situation pandémique. Luc Phan ne refuse cependant pas la possibilité de réinstaurer l’intensif si la situation le permet.

Malgré tout, en apprenant l’existence de cet ancien cours intensif, l’étudiant Alec Charbonneau ne se verrait pas quitter ses vacances qu’il juge nécessaires pour sa santé physique, pour compléter intensivement un cours d’éducation physique.

Le dilemme entre l’art et le sport

Lucie Boissinot mentionne que le grand public ne sait pas nécessairement ce qui se passe derrière les quatre murs de son école. « Le danseur est comme un sportif d’élite, mais qui travaille aussi d’autres dimensions de son être », dit-elle.

Les programmes de danse contemporaine et de danse classique du CVM ne forment pas des danseurs compétitifs, mais bien des danseurs de prestations scéniques. Par conséquent, les interprètes en danse qui ne font pas de compétitions ne sont pas catégorisés comme des sportifs d’un point de vue sociétal. Les danseurs compétitifs ont, quant à eux, une récente fédération qui cherche à les promouvoir en tant qu’athlètes.

Même si l’équivalence des cours d’éducation physique est une question de comparaison entre les compétences ministérielles des écoles de danse et celles de ces cours, la vision populaire du monde de la danse reste un biais que peuvent avoir les instances gouvernementales envers les programmes de formation de cette discipline.

Rouvrir le dossier ?

Lucie Boissinot reste toujours intéressée par le dossier concernant les cours d’éducation physique, une bataille qu’elle a laissé tomber par « fin de non-retour ». La reconnaissance de l’entrainement physique de ses élèves est un aspect auquel elle accorde une grande importance.

Luc Phan, quant à lui, est ouvert à une reconsidération du dossier d’éducation physique chez les danseurs. La demande est au-delà de ses fonctions et lui seul ne peut garantir l’opinion de ses collègues à ce sujet.

Il faudrait donc que des représentants de l’École de danse contemporaine de Montréal et de l’École Supérieure de Ballet du Québec redemandent une évaluation de leur programme par le ministère de l’Enseignement Supérieur et que le Cégep du Vieux Montréal soutienne la cause dans la mesure du possible.

Émile et Sam : talents dévoilés

Le 19 février dernier avait lieu la finale locale de Cégeps en spectacle au Vieux. Émile Bourgault et Sam Tanguay sont sortis les grands gagnants de la soirée qui se déroulait en webdiffusion. Les deux élèves du collège se sont distingués avec une composition musicale.

Une amitié révélatrice

Émile et Sam ont tous les deux 18 ans. Lui est étudiant en Sciences humaines profil Questions internationales, et elle est étudiante en Art lettres et communication Option Médias. Ils ne se sont rencontrés qu’il y a quelques mois, mais leur amitié s’est développée facilement. « C’est une révélation, Sam, dans ma vie », dit Émile enjoué. Étant entouré principalement de musiciens masculins lors de ses projets solos, Émile est content d’amener un côté féminin à ses chansons, autant artistiquement qu’humainement, selon lui.

À quelques semaines de la finale locale du CVM de Cégeps en spectacle, l’accompagnatrice d’Émile s’est désistée. Émile a découvert les talents musicaux de Sam et lui a proposé de participer au numéro avec lui. En découle un duo qui les a bien surpris.

Comme on a pu le voir dans la performance de Cégeps en spectacle, Émile chante ses compositions en s’accompagnant à la guitare. Musicien autodidacte, il aime aussi pianoter, tout comme Sam, qui elle apprécie aussi le ukulélé. Les deux ne sont pas des chanteurs d’expérience, mais ils réussissent certainement à toucher le cœur des spectateurs avec des paroles sincères et poétiques. L’amertume, jouée lors de la finale locale, est d’ailleurs un texte qu’Émile a écrit pour être chanté en duo ; une nouvelle façon d’approcher la composition, lui qui est habitué d’être en solo.

Projets artistiques

Émile compose depuis quelque temps. D’ailleurs, il a sorti deux micros albums, soit Bleu pâle en 2020 et Nous aurons toujours le ciel en 2021. Le groupe avec qui il collabore est composé de musiciens qu’il avait rencontrés lors d’une finale régionale montréalaise de Secondaires en spectacle il y a quelques années.

Émile et Sam désirent collaborer à l’avenir. Émile mentionne notamment qu’il a beaucoup de compositions destinées à être chantées avec sa nouvelle amie et accompagnatrice. Pour le moment, il sera possible de les revoir chanter à la finale régionale montréalaise de Cégeps en spectacle qui se déroule le 19 mars prochain au Cégep de Saint-Laurent. On leur souhaite la meilleure des chances.

Promouvoir l’art visuel étudiant

Jusqu’au 11 février, il est possible d’aller jeter un coup d’œil à l’exposition Coups de crayon à la littérature québécoise Ténèbre de Paul Kawczak présentée à l’Agora près de l’entrée principale du Cégep du Vieux Montréal. C’est une finissante de Graphisme, Anaïs Boyer, qui est à l’honneur avec ses illustrations et ses arrangements typographiques du livre de Kawczak.

Depuis 2003, le Centre d’animation en français (CANIF) du CVM permet à l’un-e des finissant-es du département de graphisme d’illustrer des œuvres d’autrices et d’auteurs québécois. Cette année, la pièce choisie est la lauréate de l’édition 2021 du Prix littéraire des collégiens, Ténèbre, de Paul Kawczak. Selon le descriptif de l’exposition, ce livre porte sur l’histoire de la conquête du Congo par la Belgique à la fin du 19e siècle : le voyage d’un géomètre belge sous les ordres de son roi, accompagné par des travailleurs bantous et d’un maître tatoueur chinois. C’est « un roman d’aventures traversé d’érotisme, un opéra de désir et de douleur tout empreint de réalisme magique ».

Anaïs Boyer a donc eu la tâche de mettre en images certains passages du livre. Elle a fait une dizaine de dessins simples et imaginatifs teintés de réalisme et de rêves. Un côté métaphorique pour certains tableaux et plus concret pour d’autres. Les couleurs sont vives et le message écrit sur les images est bien représenté. C’est une exposition qui peut se voir lors d’une pause ou qui peut être analysée plus longuement pour celles et ceux qui ont lu le roman.

Le Prix littéraire des collégiens est de retour en 2022. La sélection comporte cinq livres d’autrices et d’auteurs québécois : Tout est ori de Paul Serge Forest, Mille secrets mille dangers d’Alain Farah, Mukbang de Fanie Demeule, Valide de Chris Bergeron et Là où je me terre de Caroline Dawson. La prochaine cohorte de finissant-es en Graphisme aura peut-être la chance de revoir l’un-e des finissant-es illustrer le lauréat de la prochaine édition du prix. C’est le CANIF qui en décidera, lui qui a notamment une collection d’œuvres d’artistes du collège et qui promeut une part de l’art visuel étudiant au CVM.

Le Concours Philosopher

Par Édouard Bernier-Thibault

Le Concours Philosopher est un événement intercollégial important de la communauté et culture philosophique québécoise qui se déroule annuellement. Il a pour but de susciter des réflexions, des débats intéressants et de promouvoir la pensée critique. Tous les étudiant-es du niveau collégial sont invité-es à rédiger un texte d’environ 2000 mots autour d’une question philosophique qui sera jugé par un jury de professeur-es de philosophie de la province. Le gagnant ou la gagnante verra son texte publié dans le journal Le Devoir et aura la chance d’obtenir une bourse.

Cette année, pour la première fois depuis la création du concours, le Cégep du Vieux Montréal accueillera l’évènement. La question abordée est: « L’avenir est-il « woke » »? Pour celles et ceux qui veulent proposer un texte, la date limite pour la remise est le 21 mai 2022.

En parallèle avec le concours, un groupe de discussion parrainé par Mariève Mauger-Lavigne et Rémi Laroche, deux professeurs de philosophie du Cégep, se rencontre occasionnellement pour partager des lectures et échanger sur la question thématique. Si cela vous intéresse, un site web où les réflexions, articles et sources sont partagés est accessible.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez vous inscrire, n’hésitez pas à contacter Rémi Laroche et Mariève Mauger-Lavigne par Mio.

Textes gagnants du concours d’écriture féministe

Au féminin

Tragédie d’une jeunesse dorée 
Il était une fois petite Aphrodite aux cheveux bouclés
Une victime de symétrie
Une proie de la vie

Princesse des poubelles, beaucoup trop pubère
Elle fréquente des bars cramés, elle est bien arrangée, bien parfumée
Recherche des requins qui désirent sa chair et méritent son amour 
Des bleus à la place de bisous 

Les veines débordent de spiritueux et la tête tourne
Peur de la vieillesse, peur de l’homme couché dans son lit double
L’amnésie du lendemain porte un goût amer
Fillette avale ses souvenirs en eau de javel 

Petite Aphrodite a la figure digne d’un magazine
Un regard azuré perçant les yeux à travers
Toujours célibataire, son grand cœur derrière barrières
Tout ce qu’elle touche, elle détruit

Elle ne reconnaît pas son ombre, son reflet dans le miroir
Intestin vide depuis avant-hier soir 
Il faut souffrir pour être belle
Mais cette peine, parles-en pas, c’est naturel

Autant de haine dans un si petit corps de plumes
Les femmes mentent, jouent des personnages purs
Hantées par l’insécurité et l’amertume
Et toi, jalousie, tu les tues

La beauté fatale entame le drame, entame obsession et déprime
Des poumons noirs de goudrons et des larmes
La perfection n’est pas facile à acquérir
Il y en a plein, des filles désir 

Le mystère, c’est comment elles survivent

– Andreea Afronie (AA)

Sororité

J’aimerais pouvoir écrire
Des sonnets, des chants de mes sœurs de cœur
Inventer un langage menstruel qui écœure
Les chiens aimant détruire

Ainsi je noie les aboiements fébriles
Je nettoie mon deuxième sexe en profondeur
Mais les échos demeurent dans la vapeur
Impossible d’être stérile

J’aimerais pouvoir crier des mots doux
À toutes les femmes qui ne se tiennent plus debout
Quand je ne serai plus désolante

Que des larmes ensanglantées dans le silence
J’entends l’appel d’une petite fille innocente
Et la page reste blanche

– Andreea Afronie (AA)

Mais où est donc passé l’alcool au Cégep?

Certains étudiants encore présents au cégep, connurent une époque pas si lointaine durant laquelle il n’était pas rare de voir en vente à l’Exode des boissons alcoolisées dans le cadre de soirées d’improvisation. Hélas, cette tradition semble s’être perdue au cours de la dernière année ayant été caractérisée par une forme de paralysie sociale attribuable au confinement. Qu’en était-il de la vente d’alcool avant que soit imposée cette fin brutale aux activités parascolaires et qu’est-il advenu de cette première alors que la vie étudiante reprend, mais que la bière n’a toujours pas réintégré la bâtisse?

Avant la pandémie 

L’alcool, et plus particulièrement la bière, fut vendue à l’occasion d’activités parascolaires au Cégep du Vieux Montréal depuis la fondation de celui-ci. Ce produit, en plus d’être prisé par les étudiants, est aussi une des principales sources de financement auxquelles peuvent avoir recours les comités. Effectivement, la vente d’alcool dans le cadre d’activités étudiantes permet à l’AGECVM de récolter, en temps normal, des sommes considérables profitant elles-mêmes aux membres de l’association. Comme exemple de la rentabilité de ce marché, le comité d’improvisation du cégep engrangeât, au cours de l’année 2019-2020, pas moins de 5500$ de revenus bruts (pas moins de 1100$ de profits) en vente de bières. Aussi, il importe de mentionner que cette dernière année fut moins lucrative qu’à l’habitude étant donné l’arrivée du confinement en mars. De plus, d’autres comités participent de façon comparable aux intrants de l’association étudiante en vente d’alcool, tel que EnVieuxronnement qui amassa, quant à lui, plus ou moins 4400$ sur la même période.

Les causes de cette interruption

La COVID-19, ainsi que le ralentissement de la vie étudiante qu’elle engendra, est le principal facteur ayant causé l’interruption de la vente d’alcool au cours des derniers mois au cégep.

Cependant, un autre incident pu, lui aussi, contribuer à l’arrêt de la vente d’alcool au cégep. En effet, un oubli de la part de la direction concernant le mauvais entreposage d’une caisse de bière égarée fut récemment constaté par un inspecteur. Ainsi, nous pouvons supposer que ce dernier épisode, couplé au manque de demande de la part des comités étudiants, fit prendre la décision aux responsables de ne plus tenir un stock de boissons pour un certain temps.

Un retour des stocks imminent

Avec le retour au cégep en présentiel et la reprise des activités parascolaires, il ne serait point étonnant de voir la direction mettre un terme à cette « prohibition » en faisant à nouveau provision de bières. Or, initialement, le contexte pandémique et les règles sanitaires qui viennent avec avaient maintenu l’instance directionnelle quelque peu réticente à l’idée que des rassemblements étudiants impliquant de l’alcool soient organisés dans l’enceinte du cégep.

Cela étant, cette dernière résistance n’a plus lieu d’être depuis l’assemblée générale du 8 septembre dernier durant laquelle l’association étudiante décida que la gestion des mesures sanitaires serait dorénavant faite de façon indépendante par l’AGECVM elle-même. Ainsi, le retour de l’alcool durant les activités parascolaires pourrait se faire aussitôt que le 2 octobre, date à laquelle la direction serait supposée avoir refait provision, selon le Responsable Général de l’association étudiante. Les comités pourront donc suivre la procédure précédemment mentionnée afin de vendre de l’alcool à nouveau lors de leurs activités.

Produits

Pour terminer, en ce qui a trait à la sélection de produits s’offrant aux étudiants, celle-ci fut historiquement composée d’une variété de bières de la compagnie Boréale. Cette année, il en sera sans doute de même, bien que le Responsable Général de l’association, interrogé sur la question, dit vouloir suggérer à la direction de diversifier son offre en proposant d’y ajouter, par exemple, des produits de microbrasserie.

Coupez ! – Des étudiants derrière la caméra

Le vendredi 28 mai 2021 avait lieu la soirée de projection Coupez ! en l’honneur des étudiant.e.s du Cégep du Vieux Montréal en Arts, lettres et communication — Option Médias. On assistait notamment à la présentation de leur travail final : un court métrage de fiction. C’est avec un grand plaisir que j’ai eu la chance d’y participer.

C’est à 19h que j’ouvre mon ordinateur portable, que j’appuie sur le lien Zoom et que je me retrouve dans la salle de conférence de la soirée en compagnie d’une soixantaine d’individus. Parmi le public, on retrouve la vaste majorité des étudiants.e.s. On ressent immédiatement leur excitation de nous présenter leur film.

La soirée débute par une animation divertissante produite par des étudiantes du même programme. Les 12 courts métrages nous sont présentés l’un à la suite de l’autre en un peu plus de 60 minutes. Je n’exagère pas en affimant que ce fut un réel plaisir. Une quantité phénoménale de talent et de passion était déversée sur mon écran. Des films tous autant originaux les uns que les autres y ont été présentés où on retrouve une qualité cinématographique impressionnante, surtout à la suite d’une production réalisée dans un milieu pandémique.

Pour couronner le tout, la remise des prix.

Tout d’abord, la mention spéciale :  

Chapitre 3, réalisé par Adèle Saulnier, Éléonore Turcotte, Mia Ratel, Tristan Silva et Frédéric Carrier, d’après un scénario de Meagan Babin-Alexandre.

Puis, les gagnants ex aequo, qui représenteront le CVM au festival intercollégial de cinéma étudiant, du 2 au 4 juin prochain :  

Dernière minute, réalisé par Marlène Gaudreau, Justine Grivegnée Bariber, Félix Legault-Dignard, Hermine Revel et Ève Myette, d’après un scénario de Hermine Revel. 

J’suis pas ma mère, réalisé par Sara Lefort-Dupras, Béatrice Poirier-Pouliot, Odile Chevrier et Samara Carbajal Branez, d’après un scénario de Rosemarie Raymond-Duhamel.

Les films seront disponibles sur la chaîne Vimeo du programme Arts, lettres et communication — Option Médias du CVM l’an prochain, une fois que sera terminée leur période d’éligibilité dans différents festivals professionnels.

Demandes d’admission en pandémie

Avec les dégâts de la pandémie et les conséquences de l’enseignement à distance, il est légitime de se demander si le Cégep du Vieux Montréal accueillera moins d’étudiant.e.s la prochaine session. Caroline Ngo, conseillère en information scolaire et professionnelle au Vieux, affirme que le premier tour d’admission fut l’hôte d’une baisse de l’intérêt des finissants du secondaire envers le cégep.

« Cette année, on voit une légère baisse de demandes d’admission. […] Au niveau de l’orientation, le domaine le plus populaire est celui de la santé. Ça peut s’expliquer par les besoins criants dans ce domaine qu’on voit dans les médias. »

Caroline Ngo

Sans pouvoir nous fournir de chiffres exacts, Ngo interprète cette chute de demandes d’admission comme étant une conséquence de la pandémie, conséquence à laquelle nous n’avions peut-être pas pensé. Le choix de programme collégial de plusieurs jeunes a été influencé par la haute demande de travailleurs en santé, transparente comme jamais auparavant lors de cette crise sanitaire. Toutefois, Ngo nous rappelle que le Vieux n’est pas dominant dans la formation en santé, menant à la priorisation d’autres cégeps. Le virage informatique aurait aussi joué dans la décision des futurs cégepien.ne.s, tout comme, paraît-il, le fait d’être enfermé à la maison. Selon la conseillère, les programmes les plus populaires cette année sont Soins infirmiers, Techniques de l’informatique et Design d’intérieur.

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