Le malaise de la génération Z

On entend souvent parler de la problématique croissante des difficultés psychologiques chez les jeunes. Plusieurs hypothèses ont été mises sur la table pour expliquer ce phénomène. Je chercherai, dans le texte, suivant à exposer ma propre thèse à ce sujet.

La vie d’un jeune d’aujourd’hui se résume à une lutte perpétuelle contre l’absurde.

Non-sens premier : une espèce menacée

L’éco-anxiété est, selon moi, une des causes profondes de la détresse de ma génération. Appartenant à la race humaine, la plupart d’entre nous sommes soucieux de son avenir. Cela n’a rien de surprenant sachant qu’une des fonctions premières d’un animal est d’assurer la pérennité de son espèce. Les jeunes, conscients des cataclysmes écologiques en cours, angoissent à l’idée du monde qui les attends et sont même de plus en plus nombreux à abandonner l’idée de se reproduire. Il est difficile aujourd’hui de trouver un sens à son existence puisqu’il est difficile d’envisager un avenir heureux pour l’humanité. En effet, la lâcheté des gouvernements concernant la question des changements climatiques est source d’inquiétude. Agirons-nous à temps? Qu’adviendra-t-il de l’humanité? Notre espèce survivra-t-elle aux bouleversements prochains? Si elle y survit, sur quelle planète nos descendants devront-ils vivre? Dans quelles conditions? Voilà des questions que nombreux d’entre nous sont contraints de se poser régulièrement.

Non-sens second : une société de l’excès

La course à la performance et l’accélération du rythme de vie sont des réalités que les jeunes générations vivent quotidiennement. Cherchant à améliorer constamment sa productivité, le système capitaliste impose aux individus l’obligation de s’améliorer en permanence et de mener un train de vie insupportable. À vouloir toujours produire plus, en étant continuellement en course contre la montre, nous oublions la nécessité de prendre le temps de vivre. On considère comme ayant une valeur économique un bien ou un service qui répond à un besoin et qu’on commercialise. Paradoxalement, notre société effrénée, bien qu’elle produit un grand nombre de biens et de services, néglige bien souvent de donner aux individus le temps de répondre à leurs besoins. Sans oublier que cette production sans bornes a un impact terrible sur l’environnement, ce qui lit la problématique de la « société de l’excès » à celle de la crise environnementale.

Non-sens troisième : le culte de l’égoïsme

Le rêve libéral est maintenant en grande partie réalisé, l’individu n’a, aujourd’hui en Occident, presque plus d’ancrage à sa communauté ou à sa famille. Ce nouvel homme, libre théoriquement de toute contrainte dans son épanouissement se retrouve plutôt exposé directement à la violence du capital et du marché. Il souffre aussi terriblement de sa solitude et du manque de solidarité, puisque voulant être libre de tout, il a dissous les derniers liens qui l’unissait à sa collectivité. Malheureusement pour l’homme moderne, l’être humain n’est pas complet seul et pouvoir compter sur ceux qui l’entourent est fondamental à son bien-être. L’homme jouit du bien-être de ses voisins et du sens que la vie commune ainsi que le don de soi donnent à sa vie. Toutes ces fonctions de la collectivité sont menacées par l’individualisme des temps qui courent.

Ces différentes absurdités de notre époque ne sont pas vécues de la même manière par chacun d’entre nous. En effet, certaines personnes vivent très bien avec ces différents paradoxes ou n’en ont qu’une conscience diffuse. Ce n’est pas à eux que je m’adresse sauf peut être si mes propos sont en mesures de les éclairer sur différents enjeux actuels. Je m’adresse plutôt à ceux qui souffrent de ces injustices et absurdités. Les différents systèmes que j’ai abordés dans ce texte semblent indestructibles à première vue, mais il n’en est rien. Ne sous-estimez pas le pouvoir de l’initiative individuelle. Nous avons besoin, plus que jamais, de personnes en mesure d’imaginer des alternatives à nos modes de vie et de productions actuels. Pour cela, il faut éviter à tout prix de tomber dans le fatalisme. Puisqu’en adoptant une posture intellectuelle cynique, nous finissons par faire soi-même partie du problème. Autrement dit, en étant pessimiste on devient ce dont la machine a besoin pour continuer à fonctionner. Être révolutionnaire au XXIème siècle, c’est oser avoir espoir.

%d blogueurs aiment cette page :