Entrevue avec Valérie Plante, mairesse de Montréal

Les élections municipales approchent à grands pas! En effet, le 7 novembre prochain, plus de six millions de personnes inscrites sur la liste électorale permanente seront appelées aux urnes afin d’élire la mairesse ou le maire de leur patelin. L’Exilé vous proposera par ailleurs une couverture des élections municipales. Celle-ci commence par une entrevue avec Valérie Plante, mairesse de Montréal et mairesse de l’arrondissement de Ville-Marie (arrondissement où se situe le Cégep du Vieux Montréal) qui a bien voulu nous accorder 15 minutes de son temps, afin de faire le bilan de son premier mandat.

Ayant débuté son mandat en 2017, Valérie Plante ne s’attendait sûrement pas à vivre une pandémie. Mais selon elle, elle a réalisé tout ce qu’elle souhaitait faire dans un premier mandat. « Les gros morceaux », comme elle l’a souligné lors de l’entrevue. Ses plus grandes fiertés sont le projet du « Grand parc de l’Ouest »,  qui consistait à acheter les derniers terrains verts du secteur afin de former le plus grand parc municipal du Canada. Il y a également eu le règlement pour une métropole mixte (surnommé le « 20-20-20 »*) qui oblige maintenant les promoteurs à inclure dans leurs projets immobiliers, du logement abordable, du logement social ainsi que du logement familial. Le Réseau express vélo (REV) est également une de ses grandes fiertés. Sa dernière, se situe au niveau du transport : « Très fière qu’il y ait un tronçon de la ligne rose du centre-ville vers l’Ouest qui est déjà engagé auprès du gouvernement du Québec et il y aussi d’autres beaux projets de transport qui sont arrivés pendant qu’on était là. » Ceux-ci n’étaient pas nécessairement dans ses promesses électorales : « J’ai toujours dit que le transport collectif, c’était très important donc on a mis beaucoup d’énergie pour faire atterrir ces projets-là. ». Le Réseau Express Métropolitain (REM) de l’Est en fait partie. Par ailleurs, concernant le dossier du REM sur le boulevard René-Lévesque, elle dit qu’elle aurait souhaité que cela soit en souterrain. Elle a décrit ceci comme l’idéal. Lorsque le projet a été présenté comme étant un projet aérien, elle a demandé qu’un comité aviseur composé d’architectes soit formé afin de faire des recommandations. Elle a également demandé des consultations publiques à ce sujet : « Pour moi, ça fait partie des conditions gagnantes ! ». « Il faut s’assurer que ce projet-là va être accepté socialement. »  a-t-elle ajouté.

Des projets qui n’ont pas (encore) été réalisés

La mairesse a tout de même quelques projets qu’elle n’a pas encore réalisés. « La COVID n’a pas vraiment aidé ». Le premier projet qui lui vient en tête est le bain portuaire dans le Vieux-Port. Parmi cette liste, il y a également le projet de piscine derrière l’ancien hôpital Royal Victoria. Elle était supposée être refaite mais un nouveau propriétaire a pris possession des lieux. « Cela prend plus de temps mais, on va le faire ! Mais ça prend plus de temps. (Rires) »

Intérêt des jeunes envers la politique municipale

Lors des dernières élections municipales, seulement 24,6% des jeunes de 18-25 ans inscrits sur la liste électorale ont exercé leur droit de vote à Montréal. Une des raisons de ce faible taux de participation dans cette tranche d’âge serait le désintérêt envers la politique pour les jeunes ainsi que la méconnaissance de la politique municipale d’après une étude réalisée par la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval. La politique provinciale et fédérale étant beaucoup plus médiatisée, le municipal peut avoir l’air de ne pas avoir d’impact dans nos vies alors qu’en fait, il y en a. Questionnée à ce sujet, Mme Plante affirme qu’elle tente de trouver des stratégies afin d’inciter les gens à se rendre aux urnes. « J’espère beaucoup que les jeunes vont avoir envie d’aller voter entre autres sur la question de la transition écologique parce qu’à un moment donné, « parle parle, jase jase » mais il faut poser des gestes et c’est ce qu’on fait depuis qu’on est en poste avec les parcs, avec justement le transport collectif, toutes ces choses-là ». Un autre enjeu important pour les jeunes selon elle est l’habitation. Elle souligne que de l’argent a été mis sur la table et que la ville a travaillé avec des organismes tel que UTILE (Unité de travail pour l’implatation de logement étudiant). Elle nomme finalement le transport collectif pour les enjeux importants pour cette tranche d’âge : « C’est facile de se déplacer mais ça peut-être aussi les BIXIs. Ils étaient très intéressés par les trottinettes quand il y en avait. Donc, de réfléchir à des façons pour eux de se déplacer facilement et à peu de frais. »

À la question à savoir comment l’avis des jeunes (qu’ils votent ou pas) transparaît dans les décisions qui sont prises, elle répond que leur avis (des jeunes que ce soit des 18-24 ans ou aussi de celles et ceux n’ayant pas le droit de vote encore) est important à prendre en compte puisqu’ils sont « citoyens mais cela va être les payeurs de taxes de demain ». De ce fait, « leurs intérêts sont importants pour guider les choix que l’on fait maintenant ». Elle dit entendre celles et ceux qui ne votent pas et qu’elle reçoit beaucoup de lettres. Notamment des plus jeunes. « Je dirais surtout des plus jeunes, peut-être 12 ans, quelque chose comme ça. Mais, honnêtement, chaque fois que je vais me promener et que j’ai la chance de… Pouvoir surtout… Je ne vais pas dire « me promener proche des écoles », cela a l’air weird ! (Rires) Je prends le temps de jaser et je sens que les jeunes ont envie de me parler, ils voient que cela me tient vraiment à cœur l’environnement. Et c’est vrai ! Mais là, le défi, ce sont les 18-24 qui ne votent pas beaucoup. » a-t-elle ajouté en terminant le volet de l’entrevue sur cette question. Tout en faisant un vœu : « Ce que j’espère, c’est de trouver un enjeu qui va donner le goût aux jeunes d’aller voter ».

Selon elle (et elle tenait à ne pas généraliser), l’environnement ainsi que les changements climatiques sont les principaux enjeux qui les préoccupent. « Moi je dis souvent que… Bien sûr je dirige pour le maintenant et la COVID l’a clairement en évidence. Mais, je veux aussi prendre des décisions pour les générations futures et quand on parle de la transition écologique, justement, c’est prendre des décisions qui ne sont pas faciles parce qu’on n’a pas le temps de niaiser, à attendre vingt ans avant de trouver la solution qui ne dérange personne ».

L’environnement : Une priorité

Une chose qui ressort après cette entrevue, est que l’environnement est au cœur des priorités de la mairesse. Elle a réitéré à de nombreuses reprises que la transition écologique était au centre de celles-ci. La réduction de l’utilisation de la voiture solo, augmenter le transport collectif, améliorer les qualités énergétiques des bâtiments sont des objectifs qu’elle souhaite réaliser. « Quand il est question des changements climatiques, il faut agir maintenant. C’est réduire l’utilisation de la voiture solo, augmenter le transport collectif, améliorer les qualités énergétiques des bâtiments, c’est enlever le mazout… C’est toutes ces choses-là mais qui dérangent quand même, mais j’y crois ».

Le Montréal de l’avenir

L’entrevue s’est terminée avec cette question : Comment voyez-vous le Montréal de l’avenir? Mme Plante voit (malgré le fait qu’elle ne possède pas une boule de cristal) un Montréal vert : « Sous ma gouverne, il sera beaucoup plus vert ». Elle souhaite faire un parc semblable au grand parc de l’Ouest mais, dans l’Est cette fois-ci : « Un grand parc de l’Est. On fait de grands corridors verts à travers la ville qui vont rejoindre tous les grands parcs. On va pouvoir marcher, y aller à bicyclette. Tout ça, je considère que c’est bon pour la ville parce qu’on est une île mais c’est aussi la voie de l’avenir pour le tourisme, pour la qualité de vie. Les gens vont vouloir venir à Montréal parce que cela ne va pas être un immense parc mais presque. » Elle souhaite saisir toutes les occasions d’enlever du béton. Elle précise que cela ne signifie pas que la voiture disparaîtra. L’objectif est de favoriser le verdissement et d’enlever les îlots de chaleur. Elle souhaite offrir une « qualité de vie basée là-dessus ».

En résumé avec la COVID, « les gros morceaux » de ce qu’elle souhaitait faire dans un premier mandat à la mairie de Montréal ont été réalisés selon elle. « Ceux qui demandaient beaucoup d’énergie, du will power, des convictions, du courage politique : C’est fait ! Après ça, c’est d’autres projets que j’aimerais amener plus loin évidemment. On a mis les assises, les fondations. Le deuxième mandat, on va construire les murs… Verts ! »

*20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables ainsi que 20 % de logements familiaux de trois chambres ou plus. Le règlement est entré en vigueur le 1er avril dernier, NDLR.)

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