Lumière sur les étudiants en danse contemporaine

Au Cégep du Vieux Montréal (CVM), on retrouve deux techniques formant les danseurs de demain : Danse – interprétation contemporaine, affiliée avec l’École de danse contemporaine de Montréal (EDCM), et Danse – interprétation classique en partenariat avec l’École Supérieure de Ballet du Québec. Étudiante dans le programme en contemporain, je voulais mettre la lumière sur le quotidien que vivent mes camarades de première année, ainsi que sur la formation en général.

Fondée en 1981 par Linda Rabin et Candace Loubert, l’École de danse contemporaine de Montréal a pour objectif de former des interprètes en danse contemporaine. Située depuis 2017 dans l’édifice Wilder à côté de la Place des Arts, elle est associée avec le CVM afin de premettre aux étudiants d’avoir une formation collégiale complète sous forme de technique en trois ans. Les cours du tronc commun (philosophie, français et anglais) viennent s’ajouter aux cours spécifiques du programme en danse pour ceux qui prennent le cursus avec le cégep. En effet, certains danseurs ayant, par exemple, déjà complété un DEC ou d’autres études auparavant recevront leurs crédits pour les cours. Ce ne sont donc pas tous les étudiants de l’École de danse contemporaine qui sont inscrits au CVM.

Dans la peau d’un danseur de première année… en pandémie

Après un processus comportant deux auditions, la cohorte de première année se constitue normalement d’environ 25 étudiants du Québec, d’autres provinces du Canada, mais aussi de l’international. Cependant, par les temps qui courent, les danseurs provenant de l’extérieur du pays n’ont pas pu se joindre et d’autres étant entrés en septembre ont préféré quitter le programme à cause du climat pandémique. La cuvée 2020-2023 est donc maintenant constituée de 11 personnes.

Au programme, du lundi au vendredi, trois cours d’une heure trente minutes ayant une pause d’une demi-heure entre chaque classe, le matin, en présentiel à l’EDCM. Ils commencent à 8h et finissent à 13h30. On débute en barre pour danseurs contemporains ou en entraînement connexe, suivi d’une classe de technique contemporaine et d’un cours de recherche créative, de composition chorégraphique ou d’interprétation. L’après-midi, vers 15h, les cours principalement théoriques sont donnés en virtuel, soit les classes spécifiques au programme (danse et société, anatomie pour la danse, éléments de composition, etc.), soit les cours du tronc commun ou bien des cours universitaires pour ceux quicontinuenet d’autres études en même temps. C’est un énorme changement à l’horaire habituel sans COVID-19 qui permet de plus longs cours, et ce, toujours en présentiel…

En raison de la pandémie, les studios ont été aménagés pour permettre la distanciation physique : des carrés au sol délimitent un espace individuel pour danser et les masques sont obligatoires depuis la rentrée et sont fournis par l’école. C’est également une contrainte pour les chorégraphies faites notamment dans le cours d’interprétation, car les déplacements entre les carrés peuvent uniquement se faire sans mettre les mains au sol.

Capacités physiques et mentales

Albert Einstein disait : « Les danseurs sont les athlètes de Dieu. » En effet, la danse est bien un sport, même si quelques-uns n’en sont pas convaincus. La danse contemporaine, comme plusieurs autres styles, demande d’importants efforts physiques. Un mélange de force musculaire et de mobilité doit être bien maîtrisé. C’est un long processus qui doit se faire notamment avec des exercices de renforcement individuel à l’intérieur ou à l’extérieur des cours. Un réchauffement avant le premier cours est notamment primordial afin de préparer le corps. Une salle d’entraînement et un physiothérapeute ou un ostéopathe sont disponibles une journée durant la semaine. Un travailleur social est également à la disposition des élèves. À l’EDCM, on apprend aux danseurs à devenir autonomes sur ces aspects importants. Les élèves étudient notamment plusieurs techniques de préparation du corps comme la technique Pilates ou le Feldenkrais et sont initiés aux différentes techniques de danse contemporaine dont les professeurs s’inspirent pour monter leurs cours.

Aussi, l’École de danse contemporaine de Montréal permet de développer un sens artistique aux danseurs en devenir. Durant les trois années de formation, sans oublier le camp d’été de trois semaines au mois d’août, le danseur cherche à se connaître davantage en tant qu’artiste, mais aussi en tant que personne. Écoute attentive du corps, improvisation et création sont au programme. On retrouve aussi une médiathèque qui regroupe un grand répertoire de vidéos de danse qui sont disponibles pour les étudiants.

Performance

L’EDCM permet aux étudiants de collaborer avec des chorégraphes reconnus de la scène québécoise et internationale, notamment Marie Chouinard, Virginie Brunelle, Frédéric Gravel, Hélène Blackburn, etc. D’autant plus que certains d’entre eux sont diplômés de l’école. Avec un total de cinq grands spectacles, soit un en première année et deux en deuxième et troisième année, les étudiants sont initiés aux processus de création, et ce jusqu’à la production finale, même en ces temps difficiles, car les représentations sont maintenant virtuelles. D’ailleurs tous les étudiants se préparent pour le spectacle de fin de session, soit du 19 au 22 mai pour les danseurs de première et de deuxième année. Quant aux élèves de troisième année, leur spectacle aura lieu du 26 au 29 mai.

L’école donne également la chance à ses élèves de créer des pièces avec le projet Incubateuroù, à chaque session, l’étudiant peut monter un solo sur lui-même ou une chorégraphie sur ses camarades qui sera présenté à un public. Cette année, en raison de la pandémie, ces projets ont été réalisés en vidéo et ont été publiés sur YouTube.

Tous ont vraiment hâte de retrouver les salles de spectacles afin de redécouvrir un public en chair et en os. Bien que les présentations virtuelles leur permettent de présenter leur travail, on ressent le manque de chaleur humaine. Après la réouverture des cinémas en zone rouge, on attend impatient celle des salles et des théâtres.

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