Masque, musique et danse : le Projet Masque

Masque, musique et danse, les trois éléments clés d’un nouveau projet qui vient de débuter à Montréal : le Projet Masque. Développé en pleine deuxième vague de COVID-19, il regroupe entreprises locales, musiciens et danseurs. Une belle initiative créée par la pianiste Elaine Gaertner.

Au début de l’automne, Elaine Gaertner, pianiste accompagnatrice d’étudiants en danse classique, a réalisé qu’il fallait continuer à conscientiser les jeunes au port du masque. Elle remarquait que beaucoup d’entre eux sortaient de l’école et enlevaient leur couvre-visage alors qu’ils étaient encore en groupe. Ayant aussi une mère âgée de 92 ans, Elaine se sentait encore plus préoccupée, surtout avec la montée des cas d’éclosion venant particulièrement des vecteurs de la jeunesse.

« La meilleure façon de parler aux jeunes, c’est avec des jeunes […] de montrer aux jeunes que porter un masque c’est pour se protéger et que ça peut être cool. »

Elaine Gaertner, fondatrice du « Projet Masque »

Le but du projet est de faire de courtes vidéos mettant en vedette des artistes du milieu de la danse portant fièrement le masque en exécutant quelques pas. Cela dit, avant même d’avoir trouvé les interprètes, Elaine s’est penchée sur les entreprises locales pour la fourniture des masques. Rapidement, elle a eu la réponse de quelques boutiques montréalaises emballées par le projet ; Atelier B, Bien Aller, Au Noir, Elisa C-Rossow, Katrin Leblond, Collection Charleen et Des Loups en font partie. « On aime beaucoup les projets interdisciplinaires […] on préfère faire une collaboration avec une école de danse, que faire une collaboration avec quelque chose qui est relié à la mode par exemple », dit Anne-Marie Laflamme, designer et co-fondatrice d’Atelier B. Elle est enjouée par l’idée d’aider à conscientiser les jeunes au port du masque.

Musique

Les pièces musicales utilisées pour faire les vidéos sont assez libres de choix, mais respectent les droits d’auteurs. Cependant, passionnée de musique, Elaine Gaertner a été inspirée par la résilience et la bravoure du virtuose Denis Brott, violoncelliste de renommée internationale. En mars dernier, il a été gravement touché par le coronavirus et est resté dans le coma pendant trente-deux jours à l’hôpital. Survivant de la COVID-19, Brott a accepté de participer au Projet Masque et enregistrera une performance au Conservatoire d’art dramatique de Montréal afin d’accompagner les chorégraphies de certains danseurs. De plus, Elaine a réussi à avoir l’autorisation d’utiliser la parodie de la chanson Be Our Guest du film Disney La Belle et la Bête, qui a été changée pour Wear a Mask (Porte un masque, en français) par Noah Lindquist. Aussi, la version de la chanson Somewhere Over The Rainbow de Julia Westlin et un arrangement jazz du Lac des Cygnes fait par The David Ricard Big Bang, reconnu pour sa musique dans les films hollywoodiens, feront leur apparition dans certaines capsules.

Interprètes divers

Le projet réunit beaucoup d’artistes du milieu de la danse montréalais, ainsi que quelques-uns aux États-Unis et au Japon. Danseurs classiques et contemporains, artistes de cirque, ex-danseurs, un bel éventail d’interprètes. Parmi ces artistes figurent notamment Vanesa Garcia-Ribala Montoya, première danseuse des Grands Ballets, ainsi que certains danseurs des Ballets Jazz de Montréal et de la compagnie Cas Public qui auront tous la chance de performer sur la musique de Denis Brott. Des danseurs pigistes et des étudiants en danse ont également répondu à l’appel, dont certains provenant du Cégep du Vieux Montréal, sans oublier la participation d’artistes du milieu du cirque, comme le Cirque Éloïze. Les deux gagnants de la deuxième saison du concours de danse télévisuel québécois Révolution, le duo de danseurs composé de Janie Richard et Marcio Vinicius Paulino Silveira, ont aussi accepté de faire une capsule pour le projet.

Les vidéos sont produites directement par les danseurs. Elles peuvent être humoristiques ou plus sérieuses. « Le message est de dire de porter le masque, mais on peut le dire de plusieurs façons », mentionne Elaine Gaertner. L’important est ce qu’elles transmettent. Gaertner se réserve le droit de modifier ou d’ajouter un message aux vidéos afin de diversifier leurs propos liés au port du masque.

Où et quand?

L’objectif est de diffuser les courtes vidéos avant Noël. Elles seront publiées sur la page Facebook du Projet Masque et sur Instagram avec le #mtlprojetmasque. Les premières capsules sont d’ailleurs sorties et n’attendent que d’être partagées par un maximum de personnes. À la base, le Projet Masque est destiné aux étudiants, mais il réussira à atteindre un public beaucoup plus large.

Selon Elaine Gaertner, cette initiative est aussi une belle manière d’élargir le cercle artistique des participants. De futures collaborations entre les designers et les interprètes pourront possiblement en découler.

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